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«Je me sens si fière quand j’entends l’annonce de mon pays, la Grande-Bretagne»


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Pour ce deuxième article de "The Woman Of The Week", nous partons en Grande-Bretagne. Nous sommes au Pays de Galles, précisément dans le salon de Sarah Lewis, âgée de 21 ans et patineuse au sein de l’équipe Icicles Senior. Il est 19h20 lorsque cette étudiante anglaise qui poursuit ses études en psychothérapie répond à cette interview. Faites la connaissance de cette athlète qui a commencé la synchro il y a six ans.


VOUS ET LA SYNCHRO

Jura Synchro: Comment avez-vous découvert la synchro ?
Sarah Lewis: Des entraînements à l'essai étaient organisés dans ma patinoire et mon entraîneur de l'époque m'avait encouragée à y aller. En fait, au départ je n’avais pas aimé ça et puis un an plus tard, un ami m’a persuadée de retenter. C'est ainsi que je suis tombée amoureuse de ce sport.

Quelle est votre formation dans le monde de la synchro ?
Ma première équipe de synchro était Team Spirit, entraînée par Katrina Cotterrall. Nous nous entraînions de minuit à 2 heures du matin, ce qui montre, je pense, tout simplement la passion de toute l'équipe pour notre sport. J'ai passé quatre ans dans cette équipe, remporté trois fois les championnats britanniques (deux fois en Senior et Junior B) et nous avons participé deux fois aux championnats du monde en 2014 et 2015. En 2016, j'ai été choisie comme capitaine pour Spirit et lorsque Spirit est devenu Viola, j'ai été capitaine pour une deuxième année. La saison passée avec le Team Viola fut incroyable: nous avons remporté les championnats britanniques, obtenu le meilleur score ISU parmi les équipes Seniors de Grande-Bretagne et nous nous étions qualifiés pour les championnats du monde. J'étais également entraîneure adjointe de notre équipe élémentaire, ce qui a suscité mon intérêt pour le règlement. J'aimais d'ailleurs beaucoup les entraîner chaque semaine.

Quel est votre meilleur souvenir synchro ?
Il y en aurait trop à écrire! Monter sur le podium après avoir remporté les championnats nationaux en 2018 fut un moment dont je me souviendrai toujours. Il y a aussi eu ma première participation aux Mondiaux en 2014. Je pense que cela restera parmi mes meilleurs souvenirs.

Quel programme vous a particulièrement touchée ?
"Let it Be", le programme libre du Team Viola est mon préféré à ce jour. Il a été chorégraphié par Kristen Loritz et Lee Chandler (tous deux champions du monde avec Nexxice) et le programme a ensuite juste grandi et encore grandi. C’était tellement amusant de le patiner, il y avait tellement de bons «moments» que nous pouvions pleinement apprécier et le programme reflétait le parcours que j’avais entrepris dans ma propre carrière en synchro. J'ai également pu réaliser la position de départ en étant assise sur les épaules de mes coéquipiers. Ce fut un tel honneur de présenter ce programme aux championnats du monde.

Décrivez-nous le costume dont vous avez été la plus fière de porter...
Ma robe préférée était celle que nous avions pour "Let it Be". Ils étaient à l'origine portés par Nexxice. La jupe avait des couleurs vives dessous que vous ne pouviez voir que lors de mouvements. J'avais la robe de Kelly Britten et nous étions toutes les deux capitaines, donc c'était vraiment spécial de la porter. 

Qu’est-ce que ce sport vous a appris ?
Le patinage synchronisé vous apprend beaucoup plus que de savoir patiner avec quinze autres personnes. Il vous enseigne la discipline, l’engagement et le sens du dévouement. Je ne pense pas qu’il existe un meilleur moyen de vous enseigner le travail d’équipe, la force de l’unité et la confiance. Cela vous apprend à gérer la déception et à célébrer le succès. Mais surtout, cela donne envie d'aimer quelque chose avec tout votre coeur et de ne jamais baisser les bras. Cela m'a complètement transformée pour devenir la personne que je suis aujourd'hui.

Où se trouvent les médailles et les prix que vous avez gagnés au fur et à mesure des saisons ?
Les médailles et les prix reçus lors de chaque compétition sont rangés dans une boîte dans mon placard, c'est là où ils habitent. Celui du British Championship Trophy est pour sa part exposé sur le piano dans le bureau, à côté de celui du Trophée D’Ecosse et de la Winter Cup.

En tant qu'athlète, quel(s) conseil(s) donneriez-vous aux jeunes qui souhaitent débuter le patinage synchronisé ?
Suivez votre coeur et n'abandonnez jamais. Ce n’est pas facile, c’est beaucoup de travail et d’engagement, mais tout en vaut la peine quand on regarde en arrière et que l’on fait le bilan. Il faut toujours croire en soi-même.

Avez-vous des rituels avant une compétition ?
Chaque fois que je patine, je dois porter une paire de chaussettes bien particulières et je mets toujours mon patin droit en premier. Je dois aussi toujours couper mon ruban de tape avec la même paire de ciseaux (ils ont en fait disparus une fois et j'ai complètement paniqué... heureusement je les ai retrouvés!).

En entrant sur la glace, à quoi pensez-vous quand vous entendez votre nom d'équipe ?
C’est difficile parce que nous sommes concentrés... mais je sais que je suis toujours très fière d'entendre le nom de mon pays, la Grande-Bretagne. Cette phrase sonnera toujours d'une manière spéciale.


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Sarah Lewis, au début du programme avec le Team Viola. /Credits: Sarah Lewis

Le Team Viola

Qu'est-il arrivé à l'équipe Viola ?
Le Team Viola a été sponsorisé durant toute la première année, ce qui lui a permis d’obtenir un soutien financier pour le matériel, les heures de glace, les entraîneurs personnels et externes et l’équipement. Malheureusement, nous n'avons pas pu rester ensemble pendant une autre année à cause du coût et du départ de plusieurs membres de l'équipe après les Mondiaux.

Comment as-tu réagi quand tu as appris cette nouvelle ?
Ce fut une saison incroyable avec Viola et je me sens chanceuse d'avoir eu cette opportunité. C'était évidemment triste de ne plus patiner ensemble en équipe et de voir mes coéquipiers chaque semaine me manque. Je suis allée m'entraîner avec l'équipe Boomerang après la dissolution de Viola. C'était une opportunité incroyable et j'ai beaucoup appris.

Qu'est-il arrivé aux autres membres de l'équipe et aux entraîneurs ?
Notre coach Katrina Cotterrall a mis en place une nouvelle équipe senior appelée "Magenta". Certains membres de l'équipe sont restés pour patiner avec Magenta et certains patinent maintenant pour d'autres clubs. Pour beaucoup de patineurs, le rêve était de participer aux championnats du monde et, par conséquent, ils ont rangé les patins après les Mondiaux car ils avaient réussi.

Avec quelle équipe patinez-vous cette saison ?
Je patine pour Icicles Senior. L'équipe s'entraîne à Nottingham et est entraînée par Esther Bell et Lauren Fletcher. Il s’agit de la première saison de l’équipe Senior de la Nottingham Academy. Ce club comprend également les Icicles Junior, qui ont représenté la Grande-Bretagne lors des six derniers championnats du monde. La majorité des filles ont patiné ensemble en junior. Nous avons une équipe de 18 personnes et nous sommes toutes très motivées pour la saison.

Quels sont les objectifs cette saison ?
L'objectif de cette saison est de pouvoir présenter deux programmes solides, de bien patiner et de s'améliorer à chaque compétition. Aux championnats britanniques de janvier, nous serons en compétition pour le titre national.


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Sarah Lewis sur la glace avec le Team Viola. /Credits: Sarah Lewis

Le Royaume-Uni et la synchro

Dans votre pays, comment se développe le sport? 
Le nombre d’équipes de synchro continue d'augmenter en Grande-Bretagne. Chaque année nous sommes plus nombreux. Je suis sûre que l’an dernier, plus de 65 équipes ont pris part aux championnats nationaux. La majorité de ces équipes sont jeunes et les clubs luttent pour pouvoir créer des équipes de niveau Junior et Senior. Cependant, pour la première fois cette saison, la catégorie Senior pourrait avoir quatre équipes en compétition. C'est bon pour le sport et cela inspire les jeunes athlètes à continuer à patiner. British Ice Skating poste également sur Facebook, Instagram, Twitter et sur leur propre site web des informations liées au patinage synchronisé, ce qui renforce la notoriété de ce sport.

Selon vous, comment ce sport peut-il évoluer au Royaume-Uni?
Je pense que le patinage synchronisé au Royaume-Uni pourrait se hisser dans le top 15 du classement mondial. Je pense qu'avec l'aide d'entraîneurs externes venant de la Finlande et du Canada, cela peut inspirer les entraîneurs et les patineurs à repousser leurs limites et à créer des programmes uniques. Avec les règles changeantes et le sport qui évolue aussi lui-même, il est très important de ne pas revenir en arrière et de continuer à développer la synchro au Royaume-Uni.

Merci à Sarah Lewis d’avoir partagé son expérience avec nous. La semaine prochaine, nous partirons aux États-Unis pour rencontrer non pas une, mais deux femmes de la semaine.