Interview

"On a faim de pouvoir réorganiser la French Cup en 2022"


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L'équipe russe junior Junost, multiple vainqueure de la French Cup. (Crédits: Roy Ng Photography - 2019) 

Habituellement, à cette période de l'année, la ville de Rouen en France se transforme en véritable temple du patinage synchronisé lors de la French Cup. Pour la première fois cette année, cette mythique compétition n'aura pas lieu.

Une année sans French Cup, comment vivez-vous cette saison si particulière? 

Sandrine Devaux, présidente du Rouen Olympic Club et de la French Cup: C'est difficile pour le comité d’organisation, nous nous sentons un peu démunis. Comme disait l'une de nos bénévoles: "on n’a rien à faire, ça fait bizarre". Le fait de ne pas se voir nous manque à tous car nous aimons être ensemble.

La French Cup c'est évidemment une compétition mais aussi surtout le côté festif qui plaît, donc ne pas pouvoir donner cette joie aux patineurs, c'est un crève-coeur, mais nous n'avons pas le choix. La décision a été prise fin octobre quand le deuxièmement confinement recommençait en France. Tout cela nous fait de la peine, c'est sûr, mais c'est pour mieux revenir en 2022. 


Depuis la création de la French Cup, est-ce la première fois que la compétition est annulée?

Oui, imaginez donc la responsabilité! Cela aurait été la 27ème édition. C’est un coup dur mais je me dis tous les jours que c’était la bonne décision à prendre. Une French Cup à huis clos n'aurait pas été une French Cup. C'est mieux ainsi et avec le couvre-feu en place en ce moment en France, ça aurait été juste impossible.

À Rouen actuellement, la patinoire est ouverte car il y a l’équipe professionnelle de hockey sur glace, mais comme le patinage synchro n’est pas olympique et donc pas inscrit dans les listes ministérielles, tout est à l’arrêt. Tout est fermé pour les clubs de patinage, et depuis fin septembre, les patineurs majeurs ne sont plus en mesure de s'entraîner. Nous avons eu une petite dérogation pour préparer les Masters à Villard-de-Lans en début de saison, mais plus par la suite, et c’est compréhensible.


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Helsinki Rockettes (FIN) à la French Cup 2019. (Credits: Roy Ng Photography)

Est-ce que ça vous a permis de penser à des améliorations ou à des choses que vous aimeriez changer pour les prochaines éditions?

Oui ça tourne beaucoup là-haut (rires). Il y a plein de choses qu’on essaie de faire depuis des années et là on y pense, mais je ne peux pas en dire plus pour le moment c’est encore un peu tôt. On en reparlera.

Suite à l'annulation, y aura-t-il des pertes financières pour la compétition?

Non, nous avons la chance d’avoir des soutiens institutionnels (Ville de Rouen, Métropole Rouen Normandie, le département de la Seine-Maritime, la Région Normandie, etc) qui nous suivent. Les dossiers de subvention ont été lancés en été, mais avec la situation actuelle, la décision d'annuler a rassuré tout le monde car cela n'aurait pas été raisonnable. Tout le monde est solidaire.

Ces dernières années, des travaux ont été entrepris dans la patinoire de Rouen. Où en est-on?

Tout est terminé! La quatrième tribune a été construite, il y a désormais un cube, de nouvelles lumières, des loges et l'entrée a également été rafraîchie. Les vestiaires étaient déjà refaits lors de la French Cup de 2020. Il reste encore quelques détails, mais je dirais qu'il ne manque plus que les équipes et le public.

Justement, y a-t-il désormais plus de place pour les spectateurs?

On passe de 2'700 à un peu plus de 3'000 personnes. Ça crée une arène et il est désormais possible de voir tout autour de la glace.


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Skyliners Juniors - USA (Credits: Roy Ng Photography - 2019)

Pour la saison prochaine, vous êtes confiante?

Oui! Tout le monde est prêt, et après l'impossibilité d'organiser l'édition 2021, on a faim de pouvoir réorganiser la French Cup en 2022.

Vous avez d'ailleurs récemment publié une vidéo pour les équipes!

C'était un message aux équipes pour prendre des nouvelles et surtout pour les soutenir. Je ne voulais pas écrire en gros "annulé" sur les réseaux sociaux car je trouve que c'est traumatisant pour les athlètes. Cette petite vidéo était pour leur faire un clin d'oeil et pour leur dire qu’on pense très fort à eux.

Selon vous, est-ce que cette crise va changer quelque chose dans le sport?

Le sport amateur en France est malmené et j'espère que les équipes pourront garder leurs patineurs. En France, j'ai peur qu'il n'y ait plus suffisamment d’athlètes par équipes. La compétition, et surtout le sport de haut niveau, est difficile. Il faut que les athlètes s’accrochent. C’est une mauvaise période mais il faut continuer à se préparer physiquement et intellectuellement à revenir.

Réservez d'ores et déjà le premier week-end de février 2022 pour la prochaine édition de la French Cup.

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